Avec le temps, il raconta son histoire. Encore et encore. À ses amis, à d’autres motards, parfois même à des inconnus rencontrés sur une aire ou au bord d’une route. Il ne cherchait pas à convaincre. Il racontait simplement ce qu’il avait vécu.
Certains souriaient en l’entendant, d’autres écoutaient en silence. Puis ils demandèrent qu’on leur en fabrique un. Non pas pour conjurer le sort, mais pour garder un rappel discret. Une trace gravée dans le métal, visible chaque fois qu’on monte sur sa moto, pour se souvenir que tout peut arriver. Parfois accompagnée de coordonnées GPS, parfois d’un prénom, d’un nom, ou d’un simple mot. Le souvenir de quelqu’un à qui l’on avait promis de toujours rentrer. Ou de quelqu’un qui, un jour, n’est simplement pas rentré. Ou encore de quelque chose que l’on ne voulait pas oublier.